L'équipe technique des Enfoirés a débarqué à Nantes avec 15 semi-remorques de matériel. Reportage à J-1 du premier concert, dans un Zénith transformé en ruche.
Sur l'écran géant, les images des spectacles précédents défilent. La sono, elle, crache des tubes bien connus, à des volumes plus ou moins forts selon les essais. Çà et là, questions, remarques et exclamations ponctuent l'ambiance. « La scie, elle est où ? », « Tu n'aurais pas vu la peinture ? », « Et là, qu'est ce qui s'est passé, pourquoi c'est cassé ? »
À J-1 du lancement de la tournée des Enfoirés (la première d'une série de sept représentations à Nantes), le Zénith s'agite. « Dans l'équipe, artistes compris, on doit être 300, remarque Maya Paumelle, responsable de la communication des Restos du coeur. Avec, disons, quelque 200 techniciens. » Qu'elles soient chargées de la décoration, de la lumière, des costumes ou du son, les petites mains de l'ombre travaillent d'arrache-pied depuis samedi dernier. Des journées de travail d'une quinzaine d'heures avec un roulement des équipes.
32 millions d'euros récoltés en 2006
Les moyens mis en oeuvre sont impressionnants, et pour cause. L'année dernière les Restos du Coeur ont récolté 32 millions d'euros grâce à la tournée et à la vente de CD et DVD. Une opération plus que rentable quand on sait que seulement 8 % du budget des Restos du coeur est consacré aux Enfoirés.
Le dispositif scénique a de quoi surprendre. « Quand j'ai découvert les plans, j'ai été vraiment surpris par les dimensions, c'est impressionnant... », réagit Denis Turmel, le directeur du Zénith. Même Xavier, l'un des deux concepteurs des décors, se dit frappé par la taille de ceux-ci. « Le pont, qui traverse la scène en diagonale, fait 38 mètres de long. La scène en elle-même doit en faire une cinquantaine. C'est la première fois de ma carrière que je vois une scène aller d'une coursive à l'autre. »
Il suffit de lever les yeux pour être tout aussi étonné de la quantité d'éclairages : 450 projecteurs au total. « C'est surtout parce que trois des concerts seront filmés en direct. Côté lumières, c'est le même dispositif pour n'importe quel tournage de télévision », note Maya. Pour refléter toute cette lumière, 2 500 m2 de toiles de camouflage, « un équipement très peu cher, car il faut rappeler que l'on négocie tous les prix », souligne Maya Paumelle. Plus loin, derrière les toiles, des dizaines de doigts s'activent pour finir la conception des accessoires et autres éléments des décors. Pendant ce temps, sous la scène et ses cinq tonnes de ferraille, les derniers réglages des 242 écrans s'effectuent. Les organisateurs de cette fourmilière géante s'engagent : tout sera fin prêt pour ce soir... « promis ! ».
Kate STENT.
Ouest-France
*Le chanteur Bénabar fait partie des nouveaux Enfoirés de cette tournée 2007.
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